
Réponse en deux lignes. Retrait avant 5 ans : 31,4 % d’impôt sur les gains, et le plan est clôturé. Retrait après 5 ans : 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains, zéro impôt sur le revenu, et le plan reste ouvert.
Mais ces deux phrases cachent l’essentiel : vous n’êtes jamais taxé sur le montant retiré uniquement sur la part de gains qu’il contient. Et cette part se calcule avec une formule que presque aucun article ne donne.
Voici la mécanique complète, trois cas chiffrés aux taux 2026, et la subtilité des PEA ouverts avant 2018 que la moitié des guides en ligne traite mal.
La formule que tout le monde saute : la quote-part de gains
Quand vous retirez de l’argent d’un PEA, le fisc considère que votre retrait contient du capital (vos versements, jamais taxés) et des gains (taxables), dans la même proportion que votre plan.
La formule :
Gain imposable = montant retiré × (valeur du plan − total des versements) ÷ valeur du plan
Exemple express : un PEA valorisé 80 000 € pour 50 000 € versés contient 37,5 % de gains. Tout retrait de 1 000 € ou de 30 000 € sera donc taxé sur 37,5 % de son montant. Le reste est du capital qui ressort en franchise totale.
Deux conséquences immédiates :
- Plus votre plan est jeune ou peu performant, plus la part taxable est faible. Un PEA à +10 % de valorisation ne subit les prélèvements que sur ~9 % du retrait
- La taxation ne dépend pas des lignes que vous vendez. Vendre votre ligne en perte ne réduit pas la note : seule la photo globale du plan compte
Retrait avant 5 ans : 31,4 % et la sanction de la clôture
Un retrait avant le cinquième anniversaire du plan déclenche deux choses.
La fiscalité : la quote-part de gains subit le PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026). L’option pour le barème progressif reste possible elle ne devient intéressante que pour les TMI à 0 % ou 11 %, à valider par le calcul.
La sanction : la clôture définitive du plan. Vous perdez l’antériorité fiscale, et rouvrir un PEA repart de zéro sur le compteur des 5 ans. C’est souvent plus coûteux que l’impôt lui-même.
Les exceptions qui sauvent : licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée (du titulaire ou de son conjoint), ou affectation des fonds à la création ou reprise d’une entreprise dans les 3 mois. Dans ces cas, le retrait anticipé est exonéré d’impôt sur le revenu les prélèvements sociaux restent dus et, pour la création d’entreprise, le plan n’est pas clôturé.
Retrait après 5 ans : le régime de croisière
Passé le cinquième anniversaire, tout change :
- 0 % d’impôt sur le revenu sur les gains, quel que soit le montant
- 18,6 % de prélèvements sociaux sur la seule quote-part de gains
- Le plan reste ouvert : retraits partiels libres, et nouveaux versements toujours possibles dans la limite du plafond de 150 000 € (calculé sur le cumul des versements depuis l’ouverture — un retrait ne « recharge » pas le plafond)
C’est le meilleur régime fiscal disponible pour des actions en France. Le compte-titres taxe les mêmes gains à 31,4 %. L’assurance-vie fait mieux sur les prélèvements sociaux (maintenue à 17,2 % par la LFSS 2026) mais son exonération d’IR est plafonnée par les abattements annuels.
Quel taux sur quels gains ? La question que la SERP traite mal
La hausse de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026 a créé une confusion massive. Mettons les choses au clair, car la réponse dépend de la date d’ouverture de votre plan.
Application des taux de prélèvements sociaux selon l’ancienneté du PEA
| Votre situation | Taux applicable aux gains |
|---|---|
| PEA ouvert depuis le 1er janvier 2018 | 18,6 % sur l’intégralité des gains au moment du retrait, y compris ceux constitués entre 2019 et 2025 |
| PEA ouvert avant 2018, plus de 5 ans au 01/01/2018 | Taux historiques sur les gains acquis avant 2018, 18,6 % sur le reste |
| PEA ouvert entre 2013 et 2017 | Taux historiques sur les gains des 5 premières années du plan, 18,6 % sur le reste |
Le principe général depuis la réforme de 2018 : le taux retenu est celui en vigueur au jour du retrait, pas celui de l’année où le gain a été constitué. Vos plus-values de 2021 retirées en 2026 paient 18,6 %, pas 17,2 %. Beaucoup d’épargnants découvrent ce point au moment du retrait.
La règle des « taux historiques » chaque strate de gain taxée au taux de son année d’acquisition n’a survécu que pour les plans d’avant 2018, sur les fractions protégées décrites ci-dessus. Votre teneur de compte applique ce découpage automatiquement ; vous n’avez rien à calculer, mais vous pouvez vérifier l’imprimé fiscal.
Trois cas chiffrés, taux 2026
Cas A : Le retrait précipité à 4 ans. Léa a versé 30 000 € sur un PEA ouvert en 2022, valorisé 40 000 €. Elle retire tout.
- Gains taxables : 10 000 €
- PFU : 10 000 × 31,4 % = 3 140 € (dont 1 280 € d’IR)
- Elle récupère 36 860 €, et son plan est clôturé
Si elle avait attendu le cinquième anniversaire : 1 860 € de prélèvements sociaux seulement. Le retrait anticipé lui coûte 1 280 € d’impôt évitable, plus cinq ans d’antériorité fiscale. Quand l’échéance est proche, patienter quelques mois est presque toujours le meilleur placement disponible.
Cas B : Le retrait partiel maîtrisé. Karim a versé 50 000 € sur un PEA de 7 ans, valorisé 80 000 €. Il retire 20 000 € pour un apport immobilier.
- Quote-part de gains : 20 000 × (30 000 ÷ 80 000) = 7 500 €
- Prélèvements sociaux : 7 500 × 18,6 % = 1 395 €
- Il récupère 18 605 €, son plan reste ouvert et les 60 000 € restants continuent de composer en franchise d’impôt
Taux de prélèvement effectif sur le retrait : 7 %. Pas 18,6 %. C’est toute la puissance de la quote-part : les deux tiers de son retrait étaient du capital.
Cas C : Le même retrait sur un compte-titres. À situation identique, les 7 500 € de gains de Karim auraient subi le PFU de 31,4 % sur CTO : 2 355 €, soit 960 € de plus. Sur un cycle de vie complet d’épargnant des dizaines de retraits l’écart d’enveloppe se chiffre en milliers d’euros. C’est la réponse définitive à « pourquoi remplir le PEA en priorité« .
Un mot sur les moins-values : un retrait sur un plan en perte ne déclenche aucun prélèvement. Et la clôture d’un PEA en moins-value nette peut, sous conditions, rendre cette perte imputable sur des plus-values de compte-titres un lot de consolation à connaître.
Les trois réflexes stratégiques
Différer, c’est gagner deux fois. Aucun prélèvement tant que l’argent reste dans le plan : le montant qui aurait payé l’impôt continue de produire des intérêts composés. À l’inverse, retirer « par précaution » face à une hypothétique future hausse des taux cristallise immédiatement la taxation à 18,6 % un pari perdant dans la quasi-totalité des scénarios.
Étaler les gros retraits. Les prélèvements sociaux étant proportionnels, l’étalement ne réduit pas la facture PS. Son intérêt est ailleurs : garder le capital investi plus longtemps, et lisser les points de sortie du marché le raisonnement inverse du DCA d’entrée.
Vérifier la date anniversaire avant tout ordre. La date qui compte est celle du premier versement, pas celle de l’ouverture administrative. À 4 ans et 10 mois, chaque semaine d’attente vaut 12,8 points d’impôt sur vos gains.
Votre plan d’action en 3 étapes
1. Calculez votre quote-part avant de décider. Valeur du plan, total versé, la formule fait le reste. Vous saurez le taux effectif de votre retrait en 30 secondes il est presque toujours bien plus bas que 18,6 %.
2. Positionnez le retrait par rapport aux 5 ans. Après : agissez librement. Avant : vérifiez d’abord les exceptions légales, puis chiffrez le coût réel de l’impatience (IR + perte d’antériorité) face à votre besoin de liquidité.
3. Gardez le plan ouvert quoi qu’il arrive. Même vidé à 95 % après 5 ans, un PEA conserve son antériorité fiscale et sa capacité de versement résiduelle. Le clôturer sans raison, c’est détruire gratuitement un actif fiscal qui a mis 5 ans à se construire.
